EMMA / So Bollywood

Journées So BollyWood, Montpellier, 7-8-9 octobre 2016
Salle Rabelais, Esplanade, Montpeller
Salle Lumière, Lycée Joffre, Montpellier

affichebollywood16

Programme SoBollywood 2016 (recto)

Programme SoBollywood 2016 (verso)

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Journées So BollyWood, Montpellier, 2015
Salle Rabelais, Esplanade, Montpeller
Salle Lumière, Lycée Joffre, Montpellier

4 Films et 1 documentaire:
Chak De India (Inédit)
Gulabi Gang, Documentaire (sous-titres anglais)
Gulaab Gang
Pinjar
Kaaviya Thalaivan – Les Virtuoses

AfficheBollywood2015

Programme_Festival_Bollywood_2015

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Contact : Judith Misrahi-Barak  (judith.misrahi-barak@univ-montp3.fr)

Journée d’étude sur le cinéma indien:
« Diversité, Hybridation et mélange des genres dans le cinéma indien »

Vendredi 3 octobre 2014, salle Lumière, Lycée Joffre, Montpellier.
Journée d’Etude organisée par Judith Misrahi-Barak sur le cinéma indien.

JE en marge du Festival So-Bollywood Montpellier (4 & 5 octobre 2014).

PROGRAMME

10.30 – 12.30 Table ronde suivie d’une discussion :
Sumanyu Satpathi (Département d’anglais, Université de Delhi) :
« From the Novel Three Mistakes of my Life to the Film Kai Po Che »
The plot in the novel by Chetan Bhagat, The Three Mistakes of my Life, is set against the backdrop of the 2002 Gujarat riots. The communal riots have continued to haunt the political imagination in the country. In making a movie, Kai Po Che out of this was a major risk that the filmmakers were taking. Thus the filmmakers had to make a few significant departures from the novel. These significant ones were mostly related to the communal perspectives in the two versions. At the round table, I shall contextualize the events in the novel / film, and concentrate mostly on the departures in the communal angle especially, trying to understand them.

Kusum Aggarwal (Département des langues germaniques et romanes, Université de Delhi) :
« Représentation de la femme dans le cinéma indien »
Les grandes lignes de l’histoire du cinéma indien seront présentées dans son rapport avec la place, le rôle et le statut qui fut accordé aux femmes à la fois dans les métiers du cinéma, et au niveau de la conception du féminin énoncée dans les films. Au-delà de ces quelques généralités sur l’évolution du cinéma indien, le propos consistera à faire voir la façon dont les femmes sont représentées dans la série de films diffusés dans le cadre du festival.

Marion Poirson (Département Arts du spectacle, parcours cinéma, Université Paul-Valéry Montpellier)
« Une spécialité bollywoodienne: le film masala »
Le cinéma de Bollywood se caractérise par une tendance manifeste à l’hybridation, car il a intégré des sujets et des formes ancestrales. Il continue toutefois à évoluer, dans un souci d’ouverture à la modernité, bien qu’il reste, dans son esprit, profondément conservateur, en empruntant à d’autres cultures musiques, chorégraphies, décors, et même genres. Il doit à cette particularité le nom de « cinéma masala », qui désigne, dans la cuisine indienne, un mélange d’épices.
Il s’agira de voir comment, à travers le film Sholay, un western composite, diffusé au cours du festival, et quelques autres oeuvres, les racines et l’évolution de cette hybridation.

Ravi Rana (Département Lettres Modernes, Université Paul-Valéry / Département des langues germaniques et romanes, Université de Delhi) :
« La Partition revisitée dans la littérature et le cinéma »
Le cinéma en Inde permet à des millions de gens d’avoir accès à la culture car contrairement à la littérature, il est accessible à une grande partie illettrée de la population (64.8% d’alphabétisation, 75% pour les hommes, 53.7% pour les femmes, selon le recensement de 2001 et 74% en 2011). Le film Pinjar a sans doute sauvé de l’oubli le roman éponyme de l’écrivaine Amrita Pritam en 1951, comme c’est le cas d’autres écrits sur la Partition (Train to Pakistan par Khushwant Sing, Toba Tek Singh par Saadat Hasan Manto, Tamas par Bhisam Sahni…). Le passage de la page à l’écran se justifie sur le plan technique, car en 1951, avec un faible développement du cinéma indien, le traitement d’un tel sujet aurait été difficile à l’écran. Sur le plan politique le discours dominant des années 1950 était à l’optimisme et à vanter le progrès de l’état indien post-indépendance au détriment de la voix des victimes. Quel est donc le projet de Chandra Prakash Dwivedi lorsqu’il réalise ce film en 2003 ? Serait-ce un engagement avec la situation de la femme, évoquée la plupart du temps de façon banale et stéréotypée dans le cinéma indien jusqu’alors, ou positionne-t-il son œuvre par rapport aux émeutes religieuses de 2002 au Gujarat, opérant un détour par le rappel de la violence de la Partition ? Quelques uns des enjeux historiques et politiques seront analysés de façon à faciliter la lecture du film (traitement du corps féminin dans la littérature de la Partition, dichotomie de sa transformation vers un objet sexuel destiné à la vengeance, ou vers un objet religieux-étatique…).

14h – 17h Projection du film « Pinjar » de Chandra Prakash Dwivedi (2003), adapté d’un roman d’Amrita Pritam
Salle Lumière, Lycée Joffre
Puro (Urmila Matondkar) est victime des vengeances familiales et des violences engendrées par la Partition.
https://sites.google.com/site/sobollywoodmontpellier/home

Déjeuner-buffet : si vous souhaitez vous joindre à nous, merci d’envoyer un email avant le 18 septembre (participation 5€ à régler sur place).
Contact : Judith Misrahi-Barak judith.misrahi-barak@univ-montp3.fr
avec cc à Isabelle Ronzetti ea741@univ-montp3.fr

Programme Journée Cinéma indien 3 octobre 2014

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Journée d’étude sur les Politiques Identitaires en Inde

23 novembre 2012
Université Paul-Valéry Montpellier 3
EMMA, Centre Saint Charles, salle des colloques n° 2
en collaboration avec le Département d’Etudes Anglophones, la Ville de Montpellier et l’association So Bollywood   https://sites.google.com/site/sobollywoodmontpellier/

11h – Arundhati Virmani, Historienne, EHESS, Marseille

Peut-on parler d’une identité nationale en Inde coloniale et post-coloniale?

L’accent mis ces dernières décennies sur les fractures identitaires – communautaires, religieuses, ethniques, linguistiques, pour ne pas évoquer la caste – occulte l’affirmation et la consolidation de l’identité nationale en Inde depuis l’époque coloniale. Rassembler les Indiens de régions, de groupes sociaux et de classes différents et parfois opposés à la fois par leurs projets d’avenir  et par leur perception du passé, a constitué un premier défi pour les nationalistes indiens à l’époque coloniale. Construire une identité partagée s’avéra alors d’autant plus difficile que l’exercice allait à l’encontre des politiques identitaires du gouvernement anglais qui privilégiaient les différences.
Cette intervention discute les potentiels de cette entreprise nationaliste et les obstacles qu’elle a rencontrés. Elle examine les processus de sélection et d’élaboration de quelques signes, symboles ou icones (le drapeau, le rouet, Gandhi) pour rassembler les Indiens dans une identité commune. Leur trajectoire dans le champ politique colonial marqué par la surveillance et la censure et les réponses d’adhésion ou de rejet qu’ils ont suscitées révèlent les forces et les faiblesses de la culture politique nationale.
Suivre les développements de cet héritage après l’indépendance dans les politiques de l’état indien avec des confrontations et contestations nous conduit à comprendre la ‘vernacularisation’ des identités. Face à la montée d’identités conflictuelles dans l’espace indien qui mettent en question les politiques de l’état indien et les possibilités présentées par un système d’échanges et de déplacements globaux, où en sommes-nous avec l’héritage héritage identitaire indien?

Arundhati Virmani, historienne, est spécialiste de l’Inde coloniale et postcoloniale. Elle enseigne actuellement à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (pôle régional de Marseille). Elle a publié  L’Inde, une puissance en mutation, (Paris, La Documentation française, 2001 ; India: 1900-1947. Un Britannique au cœur du Raj (Paris, Autrement, 2002); A National Flag for India. Rituals, Nationalism and the Politics of Sentiment (Delhi, Permanent Black, 2008); Atlas historique de l’Inde (Paris, Autrement, 2012). Elle achève actuellement la rédaction d’Emotional Pasts: Questions for Indian Political Culture (New Delhi, Three Essays, à apparaître, 2013).

13h30 – Harsh Kapoor, Sociologue, activiste et chercheur indépendant en France et en Inde, fondateur du South Asia Citizens Web http://www.sacw.net

Fractures de la citoyenneté et prolifération identitaire : quelques réflexions autour de l’Inde

Pendant la période coloniale, la perspective orientaliste a contribué à mettre en place les catégories qui ont donné un cadre administratif et légal aux identités sociales et religieuses de l’Inde multiculturelle. La codification de ce qui était auparavant des distinctions sociales floues a favorisé la constitution de véritables « communautés ». La « Partition » du pays en 1947 s’est faite selon des lignes religieuses et, juxtaposant les communautés, les politiques identitaires ont formé la base de la nouvelle nation indienne. L’état postcolonial a été profondément marqué par l’administration coloniale. Parallèlement, un modèle d’appartenance nationale plus différencié qu’unitaire se fit jour pour façonner l’imaginaire national, comme en témoigne l’expression « unis dans la diversité ». Le traitement égalitaire des religions et des communautés  est devenu le cœur de la laïcité à l’indienne. Les politiques identitaires ont orienté les mouvements sociaux : le nationalisme hindou, la droite musulmane, les mouvements nationalistes ou régionalistes, ethniques, et autres mouvements tribaux. Les problématiques de la laïcité ont cédé la place aux politiques identitaires. Les exemples sont nombreux parmi les syndicats, les associations de défense des droits de l’homme, et même la gauche, les élites dominantes, les universitaires, etc. La conséquence de cette évolution est une diminution radicale de la liberté d’expression.

14h30 – Martine van Woerkens, Anthropologue, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Section des Sciences Religieuses, Paris

Genre, identités et luttes féminines en Inde

À la fin des années 70 en Inde, des intellectuelles et des activistes manifestaient dans les rues et révélaient au sein de l’espace public que des femmes étaient quotidiennement  brûlées vives, violées, ou supprimées avant de naître, sans qu’aucune sanction ne soit prise envers les coupables. Le  concept de genre, c’est-à-dire, la construction sociale des identités sexuées selon un principe de division et de hiérarchisation, permit alors de nommer, dénoncer, et tenter de redresser ces dérives du patriarcat indien.  Le genre fut alors porteur d’une utopie, celle d’une identification de toutes les femmes avec cette lutte dirigée contre la domination masculine.
Dans les  années 80, éclata l’affaire Shah Bano. Cette veuve musulmane répudiée par son mari, tentait d’obtenir des tribunaux l’octroi d’une pension alimentaire qui lui fut finalement refusée au nom du Code de la famille musulmane. Le genre revêtait donc un sens différent selon la communauté religieuse où il se déployait, l’antagonisme hommes femmes devait désormais être conjugué à l’islam, à l’hindouisme… entraînant des divergences d’enjeux au sein du mouvement des femmes.
Les publications des auteures dalit, le film de Kapoor sur Phoolan Devi, la sortie du placard des minorités sexuelles, déterminèrent dans les années 90 un autre élargissement du paradigme « genre » dans lequel non seulement la religion, mais aussi la caste, la classe économique et  la sexualité devaient être prises en compte.
En Inde comme aux USA et en Amérique latine, la notion de genre se transforma, s’hybrida avec d’autres sources d’inégalité sociale afin de rendre compte de la visibilité nouvelle de ces multiples identités féminines. L’utopie des débuts avait fait long feu. Certes,   l’antagonisme des sexes et la domination masculine touchent toutes les couches de la société, mais la variabilité des enjeux et des intérêts provoqua à juste titre le foisonnement et la dispersion des luttes des femmes indiennes, tandis que déclinait le sentiment de leur appartenance commune.

Martine van Woerkens est chercheuse à l’Ecole Pratique des Hautes études, section des sciences religieuses, Paris, et travaille principalement sur l’histoire coloniale indienne et sur le statut des femmes indiennes. A publié de nombreux articles et deux ouvrages portant sur ces questions : Le voyageur étranglé. L’Inde des Thugs, colonialisme et imaginaire (Albin Michel, 1995) et  en mars 2010, chez le même éditeur, Nous ne sommes pas des fleurs. Deux siècles de combats féministes en Inde.

16h – Laetitia Zecchini, Chercheur en littérature et pensée postcoloniale, CNRS-ARIAS, Paris

L’espace de l’écriture et l’espace de la nation : Poésie, censure et hospitalité à Bombay.

Bombay, ville-archipel, ville-monde, ville-hyperbole, métropole magnétique et cosmopolite est aussi devenu le théâtre d’un certain fondamentalisme culturel, en particulier mis en oeuvre par le Shiv Sena (« armée de Shivaji »), organisation agressivement régionaliste créée pour préserver les droits des « fils du sol » Maharashtriens, protéger le territoire de la pollution culturelle et la « décadence » d’éléments supposés étrangers, inauthentiques ou anti-nationaux. Au nom d’une idée du propre et de la propriété en tout cas d’un proprement indien, mais également d’une définition majoritaire, donc hindoue de la nation, il s’agit de purger l’espace, l’histoire et l’identité de tout ce qui serait exogène ou minoritaire, purger par exemple les noms de la ville des dénaturations de l’histoire. L’art, au nom de transgressions supposées à l’hindouisme et à la nation devient cible: voir parmi d’autres exemples la violence récente suscitée par l’essai remarquable d’A. K. Ramanujan « Three hundred Ramayanas and some thoughts on translation », par un roman de Rohinton Mistry, par une biographie de Shivaji chez OUP en 2003 ou par l’œuvre du peintre M. F. Hussain, forcé à l’exil. Beaucoup d’écrivains à Bombay parlent par ailleurs d’une forme d’auto-censure.
Face donc à l’excision multiforme de l’étranger, à une indianité définie comme cette « pulsion totalitaire de la racine unique » dont parle Edouard Glissant ou à une idéologie nationaliste promouvant une hindouité associée à la majorité religieuse et culturelle, certains poètes, dont Arun Kolatkar (1931-2004), poète bilingue en anglais et en marathi, refusent de tracer une frontière entre ce qui serait inclus et exclu dans l’espace de la nation et l’espace de l’écriture et montrent qu’aucune tradition, aussi sacrée soit-elle, n’échappe à la traduction et à la ré-interprétation. Cette poésie de l’hospitalité fait de la place et donne du temps à ce « multiple qui surabonde » dont parle Rancière et qu’il associe à l’immigré « de trop », retraçant la filiation poétique et celle de Bombay avec tout ce qui est infime, décentré, itinérant, étranger, avec tout ce qui « reste ». Kolatkar célèbre en anglais – langue déplacée, langue minoritaire, langue « exogène » – Bombay et non Mumbai, célèbre un lieu déplié et altéré par l’histoire et par l’étrangeté qu’elle charrie.

Laetitia Zecchini est chargée de recherche au CNRS à Paris (Laboratoire Arias). Ses publications et ses recherches portent sur la poésie indienne contemporaine, sur les théories postcoloniales, sur les généalogies non-occidentales des modernités artistiques, sur les littératures dalits et plus généralement sur la politique de la littérature. Elle travaille actuellement à un ouvrage provisoirement intitulé « Arun Kolatkar and Literary Modernism in India ». Sa traduction (en collaboration avec Pascal Aquien) d’un recueil de Kolatkar, Kala Ghoda: Poèmes de Bombay sortira en collection Poésie/Gallimard au printemps 2013.

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