D’autres vies que la sienne – 2015

Journée d’étude « D’autres vies que la sienne/Soi comme autre »

Organisée par Claudine Raynaud et Nelly Mok

Vendredi 16 octobre 2015, salle n°126, Site Saint-Charles

Cette réflexion tentera d’aborder les évolutions récentes des études sur l’écriture de soi en se posant la question de l’intime au XXe-XXIe siècle et en se recentrant sur la question de la part de l’autre dans les écrits « autobiographiques » américains contemporains.

Partant du « paradoxe » de la place de l’autre dans les écrits de soi (le moi se définit en relation avec la mère, le père, le frère, l’amant, le mari, la société), on tentera d’appréhender les modalités de cette inscription de l’autre, sa pertinence. L’Autre est aussi le langage, le genre, la temporalité du récit, le temps qui passe et que l’on met en texte ou en scène.

L’approche fera appel aux développements de la critique génétique, mais également à la notion fertile d’autofiction (cet autre fictionnel qui est et n’est pas moi (Colonna, Gasparini, Schmitt), aux déclinaisons de l’identité (genre, race, sexualité (Eribon, Fassin, Raynaud, Smith) dans les cultures anglo-saxonnes et son instabilité proclamée (question du post-racial (Gilroy, Kaplan, Keiser), du transgenre (Butler, Murat).

La critique génétique permet d’aborder les problématiques spécifiques à l’écriture de soi (autobiographie, journal, mais également autres médias, autres arts) dans la perspective d’un processus avec ses accidents, ses réévaluations (Ferrer, Lejeune, Viollet). Elle prend en compte les agents, les techniques, les matériaux qui interviennent dans cette dynamique, les moments de l’écriture. Plus que jamais, l’ « identité » est en crise ; elle est processus d’altération et d’altérité. L’angle du genre, de la sexualité et de la « race » permettra de poursuivre la question du « sujet» et de la formulation de ce que l’on pourrait appeler un « épuisement » des catégories identitaires, épuisement que l’écriture et les arts retracent et relancent en inventant de nouvelles formes pour dire ce qui advient.


PROGRAMME

9h45 : accueil des participants

10h-10h45 : Sophie Vallas, Aix-Marseille Université, LERMA
« ‘The primordial family’: l’autofiction familiale de Jerome Charyn »

10h45-11h30 : Claudine Raynaud, Université Paul-Valéry, EMMA, ITEM/CNRS
« Genèses, ‘race’ et sexualité : le ‘sujet’ de l’autobiographie afro-américaine »

11h30-11h45 : pause

11h45-12h30 : Nicole Ollier, Université Bordeaux Montaigne, CLIMAS
« Fraternité : plus qu’une histoire de famille haïtienne dans Brother, I’m Dying d’Edwige Danticat »

Déjeuner

14h30-15h15 : Nicoleta Alexoae-Zagni, ISTOM, CREA (Paris Ouest Nanterre)
« A Sense of Self as Pluralistic in Ruth Ozeki’s A Tale for the Time Being »

15h15-16h : Nelly Mok, Université Paul-Valéry, EMMA
« L’Auto/biographie relationnelle, espace de réconciliation avec cet autre soi: Lucky Child, de Loung Ung »

16h-16h15 : pause

16h15-17h : Elizabeth Bouzonviller, Université Jean Monnet Saint-Étienne, CELEC

« Écriture de soi, écriture tribale, la famille comme synecdoque de la tribu dans les récits autobiographiques de Louise Erdrich »

Conclusion

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